LIGER club de ROANNE, Loire

REPORTAGES/ Pas simple de jeter ponts et passerelles

 

D'un pont à l'autre

 

Dans la dernière lettre des Éditions Loire et Terroirs Philippe Auclerc évoque les difficultés rencontrées par de nombreuses communes riveraines de la Loire pour améliorer la traversée du fleuve. Ce n'est pas une querelle des anciens et des modernes pourtant les projets sont controversés entre le souci pratique et la remise en question du patrimoine. Il coule de source que seul le résultat compte.

 

Nous publions cet article, enrichi de quelques liens, afin d'élargir le débat du Val de Loire jusqu'à Pouilly-sous-Charlieu >< Briennon, Loire ! ...

 

 

 

 

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N° 147 Mars-Avril 2016

 

 
Relier les deux rives de la Loire ne relève pas seulement du besoin de limiter autant que possible
la barrière naturelle que celle-ci dresse sur son chemin. Qu’il soit question de ponts ou de passerelles, rares sont les projets à emporter d’emblée l’adhésion et à échapper à la contestation.


Le besoin de faire jour à de nouveaux franchissements de la Loire est récurrent. L’expansion des villes, l’augmentation des déplacements, de la circulation, en sont les principales motivations. Ces franchissements n’ont pas tous vocation cependant à prioriser l’utilisation du tout automobile, l’amélioration des transports en commun ou plus simplement la sécurisation des piétons et des vélos font partie maintenant des objectifs recherchés. Quelle que soit la légitimité des ambitions qui s’y rapportent, on ne peut pas dire pour autant que cette dernière soit toujours facile à porter. L’intérêt général est souvent contesté ou confondu avec des intérêts particuliers et les priorités fixées ne sont pas toujours celles que la population aimerait à voir afficher. L’enquête publique portant sur la réalisation d’un pont entre les communes de Saint-Denis-de-l’Hôtel et Jargeau, dans le Loiret, qui s’est achevée début mars, montre par l’importance de la participation (plus de 800 commentaires inscrits sur 35 registres), combien à ce sujet le débat est important. Encore faut-il que celui-ci soit constructif et non bloquant.

france3/ centre-val de loire

 

 

 

Le pont sur la Loire réalisé dans le cadre de la future A85 à la hauteur de Cinq-Mars-la-Pile, en Indre-et-Loire, qui est resté longtemps sans débouché dans les années 90, a bien illustré ce que pareille situation pouvait donner. Certains projets méritent d’être suivis plus que d’autres. Pas forcément à cause des débats et enjeux dont ils font l’objet mais parce qu’ils proposent au plan technique de mettre en œuvre des constructions originales, innovantes et posent un regard nouveau en apportant des réponses pratiques sans pour autant négliger l’environnement.

 

Cinq-Mars-la-Pile.jpg
Google

 

Le pont réalisé à l’ouest d’Orléans par l’architecte espagnol Calatrava figure à ce titre parmi les exemples de ponts récents réussis, que ce soit sur le plan technique, esthétique ou pratique, la circulation des vélos et des piétons ayant été d’emblée intégrée dans la réflexion

 

 

Orléans.jpg

 

 

Mais ce n’est pas toujours la réalisation elle-même qui fait soucis ou qui est remise en cause mais ce qui s’y rapporte, que ce soit son emplacement, les voiries d’accès et leur finalité. C’est ce qui ressort le plus généralement des confrontations diverses qu’il est donné d’observer. Alors peut-on dire que ce n’est pas facile de porter aujourd’hui le projet de réaliser un pont ? Ce n’est sans doute pas plus vrai que cela ne l’était hier, hormis sans doute au cours des premiers siècles de notre histoire, période où ce qui était le plus important était de jeter en travers du fleuve un pont solide, ou pour le moins en capacité de résister aux crues et aux embâcles de glaces. Au 18e siècle, époque de la construction des principaux ponts du Val de Loire, on peut supposer que les habitants se posaient déjà beaucoup de questions étant donné que ce qui leur était proposé avait presque toujours pour effet d’entraîner à la fois la démolition d’une partie des fortifications et celle de nombreuses maisons. Les projets de construction de nouveaux ponts ne sont pas les seuls toutefois à focaliser l’attention. Un certain nombre d’opérations de réaménagement et de modernisation sont actuellement envisagées, voire même engagées.

 

Nous avions fait état dans un précédent numéro des critiques formulées par les habitants du faubourg de La Charité-sur-Loire (Nièvre) quant à la réalisation d’une passerelle en encorbellement pour les piétons et vélos sur le vieux pont enjambant la Loire, au motif que celle-ci ne réglera pas tout, notamment les nuisances engendrées par les camions.

//www.sppef.fr

 

 

//www.sppef.fr/
 

 

Combattu ici, le projet en Indre-et-Loire de mise en place d’une passerelle en encorbellement à Amboise, promu comme une solution à mettre en œuvre sur le vieux pont faisant face au château, est plutôt bien accueilli. Un ressenti qui n’exclut pas les premières contre-propositions, puisqu’au sein même de la municipalité des arguments en faveur de la réalisation d’une passerelle déconnectée du pont sont développés.

 

 

 

 

 

La réutilisation des anciens ponts de chemin de fer n’est pas non plus des plus aisée, comme le montre un article publié à ce sujet dans le Journal de Gien du 25 mars dernier. Celui-ci fait état que depuis plusieurs années les débats sont ouverts quant à l’utilisation par les cyclistes et les piétons du pont de chemin de fer traversant la Loire entre Saint-Père-sur-Loire et Sully-sur-Loire, dans le Loiret, mais que bien que le maire y soit favorable, rien ne bouge. Les multiples courriers et demandes de rendez-vous pour débattre d’une voie verte et sécurisée sont restés sans réponse. La ligne n’est pourtant plus exploitée, mais cette section n’a jamais été administrativement fermée ce qui condamne tout usage du pont pour une autre destination que celle pour laquelle elle a été créée. Mais, comme le souligne le maire, en 1985 quand le pont suspendu s’était effondré, des solutions avaient été vite trouvées alors même que la ligne fonctionnait encore...
//www.larep.fr

 

 

Centre france - DR -

 

 

Fort heureusement, parmi tous les projets, beaucoup malgré les difficultés rencontrées voient le jour. Les travaux concernant le pont en béton qui existe entre Pouilly-sous-Charlieu et Briennon, deux communes situées en aval de Roanne, en sont à notre connaissance la plus récente illustration. Ces derniers consistent, en dehors de ceux propres à l’entretien de la structure, à procéder à un élargissement des trottoirs par un encorbellement permettant un passage sécurisé de la voie verte et du chemin de Compostelle (Vezelay - Charlieu - Le Puy-en-Velay).

 

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Pont de Pouilly/Charlieu, Loire où les travaux d'encorbellement vélos-piétons ont commencé

 

 

 

Comme quoi, en 2016, ce n’est pas aussi évident que cela de vouloir créer de nouvelles possibilités de relier les deux rives du fleuve. Mais ce n’est pas tant à cause des problèmes techniques ou des coûts qui s’y rapportent qu’à cause de l’intérêt et des approches que l’on en a. Ce qui peut paraître pour le moins le plus étonnant, c’est que, une fois réalisés, on ne retient des ponts et autres types de franchissement que leur côté pratique, esthétique et leur insertion dans le paysage.

 

 

 

 

 Les ponts de la Loire de sa source à l'atlantique

 

Les ponts sur la loire

 

 



03/05/2016
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