LIGER club de ROANNE, Loire

Ancres de la Marine de Loire/ Une a été retrouvée à Roanne, Loire.

 

Ajouté le

28 octobre 2017

 

 

Les ancres de Loire récupérées assez fréquemment dans les sables de la Loire et de l’Allier, sont à peu près toutes identiques (la forme et les dimensions).

 

Une ancre a été repêchée en 2011 lors de la construction de la microcentrale hydroélectrique de Roanne, située en aval du barrage de navigation, et donc du linquet qui assure l’alimentation du canal de Roanne à Digoin, mis en service en 1838, puis du latéral à la Loire jusqu’au bec d’Allier. Cette portion de Loire était empruntée par les « rambertes » et aussi les “roannaises” pour assurer principalement le transport du charbon stéphanois vers Paris et Nantes et aussi. Elle a vraissemblablement été perdue par l’une d’elles.

 

Pour Anthony Chatton il s’agit à priori, d’une ancre de chaland (au vu de sa taille) datant probablement de la fin du 19e siècle. Le Directeur adjoint du Musée de la Marine de Loire fait observer la présence d’un reste d’anneau (cincinelle) au niveau de la pointe, ce qui corrobore l’origine ligérienne. Elle est très abîmée, déformée, un bras cassé et le jas est manquant. Le Musée de Châteauneuf-sur-Loire, Loiret, en possède plusieurs exemplaires.

 

 

ANCRES

 

L’image contient peut-être : plein air
Roanne 42
 
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 Châteauneuf 45
 
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St Just-St Rambert 42/ DR
 

 

Les « rambertes » étaient vendues, aux marchands en visite à St-Rambert, avec leur « assemillage » (voir « La batellerie de la Loire haute » pages 30 - 161 - 165 et 183). Les bateaux chargés et stockés dans l’attente de « l’aflot » étaient retenus, à St-Rambert, notamment par une ancre (page 30 et 176). En cas de problème en cours de route ils pouvaient être attachés à un arbre par une corde (page 166). Suite aux recherches effectuées sur une centaine d’années à partir de 1670, je n’ai trouvé aucun acte faisant l’inventaire de cet « assemillage ». On peut supposer qu’il était constitué sûrement de 5 bâtons de marine minimum avec embout ferré, indispensables lors du passage vers les rochers de Villerest, probablement d’une corde (page 166) et d’une ancre (pages 30 et 176).

 

Au début du XVIIIème siècle nous comptons à St-Rambert :
Un cordier : Pierre PEIGNET, pour le façonnage de la corde (page 30) et il y avait en plus à Sury-le-Comptal (environ de St-Rambert) une culture de chanvre et à la suite de la demande des cordiers.

Des taillandiers : Pierre MAISONNEUVE et ses fils, pour le façonnage de la ferrure des bâtons et celui de l’ancre (page 30). De plus, dans toute la région de St-Etienne il y avait avant l’implantation des aciéries, le long de toutes les rivières descendant du Mont-Pilat, des forgerons travaillant l’acier pour les armes, la quincaillerie, les serrures, les clous... et probablement les ancres.

De plus sur l’Allier, à partir de la région de Brassac-les-Mines et dans les mêmes conditions qu’à St-Rambert, il partait des sapines par dizaines de mille (page 13). Cette région étant dépourvue d’aciéries, on peut penser que les ancres de ces sapines qui rejoignaient la Loire au Bec d’Allier, aient pu être également fabriquées dans la région de St-Etienne. Elles auraient pu transiter par le pont de St-Rambert, puisque c’était le plus souvent, la seule liaison entre le Lyonnais et l’Auvergne. Elles auraient été chargées au retour sur les chars des paysans livrant le bois, puis remonter dans la région de la Chaise-Dieu et de St-Anthème, - lieux principaux communs de provenance du bois servant à la fabrication de toutes ces sapines - (page 15) et enfin redescendre sur les bords de l’Allier.

 

Les sapines ne remontaient ni la Loire ni l’Allier. La plus grande partie était déchirées (dépecées) par milliers à l’arrivée dans la capitale ou à Nantes, le bois revendu pour être brûlé ou servir en planches pour le bâtiment (page 27). Il est fort probable qu’un marché d’ancres d’occasion se soit créé. Il aurait pu être très important car constitué de plusieurs milliers d’articles disponibles par an. Une grosse partie des ancres équipant la marine de Loire, de ses affluents et même de Seine ainsi que des canaux auraient donc pu provenir de la région Stéphanoise.

 

Après les richesses naturelles du charbon et du bois, le bassin de St- Etienne aidé de la Loire et de sa batellerie (bien différente de celle en aval de Roanne), n’aurait-il pas profité d’un autre débouché : la fabrication des ancres ?

 

 

Jean LAVIGNE

Membre de l’Association les Amis de St Just-St Rambert
Auteur de la “Batellerie en Loire haute”

paru en 2016.

 

A le soutien du LcR

 

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28/10/2017
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