LIGER club de ROANNE, Loire

LES GENTILSHOMMES VERRIERS DE ST NICOLAS (03)

d'après J. CHABROL



La province du Bourbonnais, enserrée entre les riches régions du Nivernais, de la Bourgogne, du Lyonnais, du Forez, de l’Auvergne et du Limousin, a été une région verrière aux activités assez diversifiées, du 16e  au 18e siècle.

 

 

 

Les gentilshommes verriers

 

 


           Les premiers verriers connus en Bourbonnais au 16e siècle sont originaires de Lorraine. Ils appartenaient à la famille De Finance, et fabriquaient à la fois du grand verre (à vitraux), et du menu verre (gobeleterie). Installés aux « Espiards » ou « Espierres », vers Vaumas, ils commercent  avec Paris par la Loire.      

          Vers 1660, au début du règne de Louis XIV, plusieurs familles de gentilshommes verriers arrivèrent en Montagne Bourbonnaise. En effet, la Lorraine et la Franche-Comté n’appartenaient plus au Royaume de France, Bernard de Saxe Weimar ayant envahi ces contrées après la guerre de 30 ans.
Des verriers Lorrains et Franc-Comtois, lassés par les invasions, s’enfuirent et s’installèrent dans notre région après avoir transité par le Nivernais, où quelques parents verriers les avaient précédés depuis plusieurs années.    

           Ils trouvèrent dans la région de St Nicolas-des-Biefs :
des forêts immenses de hêtres, de chênes, et de sapins pour chauffer les fours.
des ruisseaux qui leur apportaient l’eau utile à la construction des fours et le sable siliceux, matière première pour la fabrication du verre
de la fougère qui était brûlée et  réduite en cendres puis ajoutée dans le creuset pour servir de fondant à la silice (la meilleure période de récolte des fougères étant entre le 15 mai et la St Jean). La cendre de fougère contient 50 % de sel de potassium et pour cette raison elle permet de fondre la silice à une moindre température. Si elle arrivait à manquer, les verriers la remplaçaient par du genêt, ou des feuilles de hêtres, (dans le midi était utilisé le salicor).

          Grâce aux registres de baptême de la paroisse, datant de 1661, nous sommes renseignés sur ces gentilshommes verriers, arrivés vers 1660 à St Nicolas.

          Le plus ancien des maîtres verriers semble avoir été en 1662 Adam De Finance, écuyer. Il fut le fondateur de la verrerie de St Nicolas.
(Puis se succèdèrent : Thierry I De Finance de Clairbois....Thierry II De Finance (fils d’Adam De Finance), Louis I De Finance De Clairbois, François De Joude (père et fils), Thierry De Hennezel (associé à Adam De Finance), François Des Bigots, Jacques Libreton, Paul De la Chaussée De la Chapelle, Bertrand Du Houx, François Des Jacobs De la Chaussée, Condé, Marimaux, Robichon, Carrier, Bigot, Jean de la Tour.... Par la suite Hector De Passinges, né à Roanne en 1738, qui fut maître-verrier à St Nicolas .... Ensuite François de la Gaudine né vers 1706 ).

 

 

 

15 grandes cristalleries françaises

 

 

Fin de la verrerie


            Dès 1773 les De Finance ne sont plus à St Nicolas.
François de la Gaudine est mort en 1780, il n’était plus à St Nicolas.
Il faut penser que les coupes de bois importantes dans la région ont épuisé les possibilités de faire fonctionner les fours. Les gentilshommes verriers ont été tentés de s’installer ailleurs, plus bas, dans la Loire où certaines verreries fonctionnaient au charbon. (à Roanne : François De Bigot), dans le Dauphiné (Louis De Finance De Clairbois), ou dans le Cantal (Jean De la Tour).

          Les petites verreries artisanales ferment un peu avant la Révolution, ou bien disparaissent dans cette période de troubles.N’oublions pas que leurs propriétaires étaient Gentilshommes, et que certains ont peut-être émigré pour fuir les exactions des Révolutionnaires.

 

 

 



15/04/2012
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